Kleaner et son rôle dans le maintien du permis de conduire : un débat juridique

Le Kleaner, un produit censé aider à éliminer les traces de substances illicites dans l’organisme, soulève des questions juridiques quant à son utilisation pour éviter la suspension du permis de conduire. Cet article se penche sur ce débat et apporte une expertise sur la question.

Qu’est-ce que le Kleaner ?

Le Kleaner est un produit présenté comme un détoxifiant oral et corporel, qui aurait la capacité d’éliminer les traces de drogues et autres substances illicites présentes dans l’organisme. Vendu sous forme de spray ou de lingettes, il serait capable d’éliminer les résidus de ces substances dans la salive, les cheveux ou la peau en quelques minutes seulement.

Son utilisation est particulièrement prisée par certaines personnes qui souhaitent échapper à des sanctions pénales lors de contrôles routiers. En effet, en cas de contrôle positif aux stupéfiants lors d’un test salivaire effectué par les forces de l’ordre, le conducteur encourt une suspension immédiate du permis de conduire ainsi que des poursuites judiciaires.

Le cadre légal entourant l’utilisation du Kleaner

Même si l’utilisation du Kleaner n’est pas illégale en tant que telle, elle soulève néanmoins des questions juridiques. Les substances actives contenues dans ce produit sont-elles légalement autorisées ? Peut-on considérer l’utilisation du Kleaner comme une fraude aux tests de dépistage des stupéfiants ?

En France, les produits détoxifiants censés éliminer les traces de drogues sont soumis à la réglementation sur les médicaments et les dispositifs médicaux. Ainsi, pour être commercialisé, un produit doit obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Or, il semblerait que le Kleaner n’ait pas obtenu cette autorisation en France.

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Par ailleurs, l’article 132-16-1 du Code pénal punit d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende le fait d’user de manœuvres frauduleuses pour échapper à la recherche ou à la constatation des infractions routières. L’utilisation du Kleaner dans le but de fausser un test salivaire pourrait donc être considérée comme une infraction pénale.

Les limites du Kleaner et les alternatives légales

Il est important de souligner que l’efficacité du Kleaner n’est pas prouvée scientifiquement. De plus, les tests réalisés par les forces de l’ordre pour détecter la présence de stupéfiants dans l’organisme sont de plus en plus performants. Il est donc possible que ce produit ne suffise pas à échapper à la détection.

En outre, même si le Kleaner permettait de fausser un test salivaire, le conducteur pourrait tout de même être poursuivi pour conduite sous l’emprise de stupéfiants si les forces de l’ordre constatent d’autres signes d’imprégnation (rougeurs oculaires, pupilles dilatées…).

Face à ces risques juridiques et aux limites du Kleaner, la meilleure solution pour éviter la suspension du permis de conduire reste encore de ne pas consommer de drogues avant ou pendant la conduite. Pour les personnes souffrant d’une addiction, il est recommandé de consulter un médecin ou un psychologue spécialisé dans la prise en charge des addictions afin d’envisager une prise en charge adaptée.

En conclusion, le Kleaner soulève des questions juridiques importantes et son efficacité n’est pas garantie. Il est préférable de respecter les règles du Code de la route et d’éviter la consommation de substances illicites pour garantir sa sécurité et celle des autres usagers.

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